Pourquoi le Japon peut-il avoir une dette aussi élevée sans faire faillite ?
En bref
Parce que sa dette est en yens et détenue surtout par des Japonais et par sa propre banque centrale, ce qui la rend peu exposée à une fuite des investisseurs étrangers.
La dette publique brute du Japon dépasse 200 % de son PIB, le niveau le plus élevé des grands pays développés. La Grèce a plongé dans la crise en 2010 avec une dette bien plus faible. Pourtant, le Japon continue d'emprunter à des taux bas.
Une dette détenue à domicile
L'essentiel de la dette japonaise est détenu par des résidents : banques, assureurs, fonds de pension, et surtout la Banque du Japon, qui en possède près de la moitié après des années de rachats massifs. Les créanciers étrangers, qui peuvent partir du jour au lendemain, pèsent peu.
Une dette dans sa propre monnaie
Le Japon emprunte en yens, une monnaie qu'il émet lui-même. Il ne peut donc pas manquer de devises pour rembourser, contrairement à un pays endetté en dollars, ou à la Grèce, qui ne contrôlait pas l'euro.
Le vrai risque : la remontée des taux
La limite apparaît quand les taux d'intérêt montent. En 2024, la Banque du Japon est sortie de sa politique de taux négatifs. Chaque hausse alourdit le coût de la dette pour l'État, ce qui rend la question de son financement plus sensible qu'avant.